Journal, La Plume de Cécile

L’amitié au boulot : banco ?

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Temps de lecture : 5 minutes

Par Cécile, Responsable Éditorial

C’est un sujet qui forcément me titille depuis quelques temps. Et forcément quand il s’agit de coucher des mots sur du papier, pour moi comme pour vous d’ailleurs, il vaut mieux que je me sente légitime.

L’amitié au travail. Alors là, je ne pourrais pas me sentir plus qualifiée sur le sujet !
C’était il y a 2 ans et demi, un soir de début de printemps, à l’heure de l’apéro partagé avec Béné, mon amie de toujours.

J’avais passé une année à la maison, à m’occuper de mes 3 kids, ne voyant mon mari que le week-end. Et même si bien sûr ce n’était pas l’enfer, j’avais fait largement le tour ! Au fil de la conversion, de nos confidences et de nos fous-rires, je lui lance « Tu n’as pas du boulot pour moi ? » Elle me répond « ben si, justement… ». Début de mon histoire chez Cigoire.

Je sais que j’ai de la chance. Certains gagnent au loto, moi j’ai gagné bien plus : une amitié de 30 ans, profonde, sincère et pure. Bien mieux que le million… et un boulot en prime !

Cette alchimie est rare, alors je la savoure au quotidien.

Amies à mort

Il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir passer ses journées avec quelqu’un dont on est extrêmement proche. On a beau très bien s’entendre à l’extérieur, nous savons tous que parfois certains traits de caractères de nos amis font que nous serions incapables de travailler avec eux. Un peu comme les supers potes avec qui on ne voudrait pas partir en vacances : on les adore mais on est trop différents pour partager le quotidien.  Cela peut être parfois compliqué. Nous connaissons tous une histoire, plus ou moins lointaine, parfois malheureuse, d’amitié gâchée, d’association qui tourne mal et qui se termine, l’amitié brisée en prime. Triste réalité !

Avant de sauter le pas, d’embaucher un de ses amis, de le faire embaucher ou encore avant de s’associer avec son ami d’enfance, il vaut mieux réfléchir et se poser les bonnes questions.

Une fausse bonne idée ?

Peut-on partir du principe que les meilleurs amis font forcément les meilleurs collègues ? L’idée est plutôt alléchante : passer 8 heures par jour, 5 jours par semaine avec son pote : what else ?

Créer sa boite avec un ami d’enfance : on se connait par cœur, on se comprend parfois même sans se parler, on a une confiance aveugle en l’autre. Oui, sur le papier, cela donne envie mais il s’avère que dans ces histoires-là, la fin n’est pas toujours un long fleuve tranquille.

Alors avant de prendre le risque, prenons le temps. Le temps de répondre à ces questions : l’aurais-je embauché si je ne le connaissais pas ? Cela implique de savoir si les qualités requises pour le poste sont bien en adéquation avec la personnalité de notre ami.

Y aura-t-il un rapport hiérarchique entre nous et donc un risque augmenté de se fâcher ? Il n’est pas facile quand on est très proche de savoir séquencer le perso, donc l’affectif et le pro. Se faire diriger au travail par son ami, est pour l’égo, parfois difficile à accepter. Une relation de compétition peut alors apparaitre, qui dégraderait fortement l’amitié.

Va-t-il s’entendre avec les autres collègues peut aussi faire partie des questions qu’il faut se poser. Bref, la liste est exhaustive mais vous voyez le genre !

Alors, choisir, est-ce vraiment renoncer ?

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Et dans notre cas, ça donne quoi ?

Je vais peut-être vous décevoir, mais rien de ce que je viens d’évoquer n’est applicable dans notre cas. Déjà, Béné et moi ne sommes pas associées. Il n’y a donc pas entre nous, de question de financements, de parts, d’investissements ou dividendes quelconques qui pourraient faire diverger notre vision des choses ou de la société.

Va-t-il s’entendre avec les autres collègues peut aussi faire partie des questions qu’il faut se poser. Bref, la liste est exhaustive mais vous voyez le genre !

Alors, choisir, est-ce vraiment renoncer ?

Loin de nous toute sorte de concurrence malsaine, de jalousie ou même d’envie, ça peut paraître cucul, c’est juste la vérité.

Peut-être que la seule chose qui a été difficile pour moi c’était d’être à hauteur vis-à-vis d’elle. J’avais la pression, que je me suis bêtement collée toute seule ! Et si elle me trouvait nulle dans le boulot ? Et si je n’étais pas à la hauteur, si je n’y arrivais pas ? Et si elle me trouvait bête ? Ces questions, je me les suis posées. Elle m’avait recommandée, il fallait que j’assure ! Je vais fêter mes 3 ans chez Cigoire, je crois que j’ai ma réponse. (D’ailleurs, merci aussi FE pour ta confiance. Voilà, c’est dit !)

Va-t-il s’entendre avec les autres collègues peut aussi faire partie des questions qu’il faut se poser. Bref, la liste est exhaustive mais vous voyez le genre !

Alors, choisir, est-ce vraiment renoncer ?

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Bienfaits… pour la boite !

Selon un sondage d’Opinion Way d’octobre 2013, l’amitié au travail améliorerait la productivité pour 83% des personnes interrogées. Pour 48% des français, elle serait partie prenante dans la réussite commerciale et 93% estiment que cette amitié contribue au bien-être général au sein de l’entreprise. Qui dit mieux ?

A l’heure de la plaidoirie

Je n’annoncerai pas de bonne ni de mauvaise réponse. Pas de conseil à donner non plus. Chacun, comme on dit, voit midi à sa porte !

En revanche, ce que je sais et ce dont je suis sûre, c’est que rien ne pourra briser l’amitié que Béné et moi avons gagné il y a 30 ans, avons bichonné pendant 30 ans et pour laquelle rien, mais vraiment rien n’égale la valeur. Aujourd’hui, je suis épanouie dans ce métier que je fais, avec mon cœur, parfois même mes tripes ! Et cerise sur le gâteau, ce métier que j’aime, j’ai la chance de le partager grâce à Béné et surtout avec elle. Alors je croque ce bonheur à pleines dents.

Les dernières lignes, seront pour elle…

De la pudeur d’ouvrir son cœur,
Je suis gâtée ma belle Béné,
Tu es pour moi, oui, la meilleure
Amie, il est sûr à jamais…